Errances... au coin de la rue

Publié le par Léo Dumas

Grenoble, il y a pas longtemps

 

 

"Bonsoir", me dit-elle.

 

"Bonsoir", réponds-je.

 

Je trace. Deux mètres. C'est ce genre de situations ou l'on décide, en une fraction de seconde, d'agir comme n'importe qui à sa place ou de casser les évidences. Les optimistes appellent ça un choix libre.

 

Quitter les ornières des sentiers battus, c'est un coup à prendre. J'y ai passé du temps, à force d'envie d'exister et d'incapacité à faire comme tout le monde; une fois digérés les premiers plantages et l'humiliation qui va avec, on chope la technique assez vite. Le plus dur, c'est de conserver ses bonnes habitudes, face à l'usure du quotidien.

 

On trouve toujours des excuses. J'ai pas pris cet auto-stoppeur parce que je suis pressé. J'ai pas fait la manif contre le CPE parce que j'avais un entretien d'embauche. J'ai envoyé bouler ce mec bourré, un peu chiant mais qui ne demandait rien qu'un peu d'écoute, parce que merde après tout, c'est pas mon problème.

 

Non, je ne rentre pas dans le moralisme; Dieu saurait s'il en avait quelque chose à foutre que je suis le premier visé*.

 

Toujours est-il que l'empathie gagne. La baston interne fait rage, le temps d'un pas sur le trottoir; les armées de la misanthropie, soutenues par l'armada des inhibitions sociales, poussent le corps à traverser la rue. La raison -elle est la pour ça- temporise, le temps que le reste se mette d'accord**. 

 

Le reste d'en face, c'est un brin de solitude, deux doigts de sollicitude, une attirance bien basique made in cerveau reptilien, un souvenir d’expérience et une dissonance représentative que j'expliquerai plus avant, une soirée qui... bref, trop tôt, peux pas détailler, m'apprendra à écrire à chaud sur des trucs trop proches de mon réel, passons. Ce reste-là a gagné, toujours bien.

 

 

Je me suis arrêté, et j'ai parlé à la pute.

 

 

*Bon, la manif contre le CPE, notre dernière grande victoire sociale, j'en étais. Pas de quoi pavoiser, j'étais dans le cortège du MJS, tous frais payés par les socialos. Pour le reste, je plaide coupable.

 

** Protestez pas, c'est vrai. La raison ne sert à rien d'autre dans les situations instantanées. Vous prenez le temps de vraiment réfléchir quand un connard vous agresse dans la rue avec un couteau ou une pétition, vous? Faite pas les malins: passé l'éclair de l'analyse, juste le temps d'inhiber le pire, ce sont nos réflexes qui parlent.

 

 

 

Grenoble, Avril 2012

 

 

"So, you're from Ghana?"

 

Oui, me répond l'esclave que j'ai sous les yeux. Je la nommerais bien Afia, mais Afia est morte.

 

Merde, alors. On ne les prend même pas en Afrique Francophone. C'est hyper-vicieux, comme truc.

 

Vous vous rendez compte? Les proxénètes internationaux ont capté que les assos de prévention sociale émancipent leurs proies, que pouvoir parler aux gens les rend moins malléables. Alors, ils y répondent en envoyant des Anglophones chez nous, tablant sur notre incapacité à sortir de cette prison dorée culturelle qu'est la langue française.

 

Et ça marche, putain. Ça marche. Ça rapporte assez pour justifier tous ces risques, toute cette logistique, tout ce déni de conscience... toute cette merde.

 

Les mecs qui gèrent ça sont des dirigeants de multinationales comme les autres; ils ont compris le système, suivent les règles du profit, s'adaptent aux obstacles, développent leur petite entreprise comme l'a si bien chanté Bashung. Des patrons exemplaires, qui seraient encensés par Challenges sans ce menu détail qu'est la loi.

 

Et en face, des clients comme les autres, qui ne se posent pas de questions tant qu'ils ont leur content de consommation. Ils ont des droits, après tout. Ils acceptent l'état du monde, donnent leurs bulletins de vote et leur force de travail à la machine Occident; on leur doit en échange leurs petits week-ends détente Pizza/blockbuster/night club/pute Africaine. C'est la moindre des choses.

 

J'ai connu des putes de cinoche, gouailleuses, provocantes, pas libres mais dotées du même genre de fierté que les collectivités ouvrières, et qui ne se privaient pas d'en jouer*; rien de tout cela chez le fantôme d'Afia, qui d'ailleurs est incapable de croiser mon regard. C'est dommage, ses yeux racontent tout. Ses pupilles, la dépendance qui la tient. Sa cornée irriguée de fatigue, l'épuisement après des heures de pied de grue entrecoupées d'horizontalités qu'on ne peut guère qualifier de pauses. Ses paupières trop maquillées, l'attaque du temps qui tente déjà une percée dans ce corps vulnérable que nulle âme ne soutient plus.

 

"How old are you, Afia?"

 

Elle frissonne un peu. Erreur stratégique. C'est vrai que seuls ses macs doivent l'appeler par son prénom et lui parler gentiment; ce sont des pros, ils connaissent par cœur le code du pervers.

 

"Toueinty-seiven", répond-elle sans conviction.

 

Elle annonce son prix, comme on envoie un ultimatum. Baise-moi ou dégage. Arrête d'essayer d'être humain; tu perds ton temps, et tu me fais plus mal qu'autre chose.

 

Ok, j'arrête. Je suis pas mauvais en travailleur social, mais la, c'est plus de mon ressort.

 

A défaut d'autre chose, il me reste toujours un truc à faire.

 

 

Je me tire. Fais le tour du pâté de maison. Il s'imagine que je l'ai pas vu.

 

Pas discret, le garçon; sa planque était pourtant bonne. Je la lui pique pendant qu'il finit d'engueuler sa gagneuse pour papotage non rémunéré; puis il vient droit sur moi. Un bon nonante kilos de muscles, mais l'air con comme un bulot, et j'ai l'effet de surprise.

 

Je suis pas venu avec Diplomatie, et sortir un couteau serait suicidaire; tout son réseau remuerait ciel et terre pour me retrouver, dans un quartier ou je passe souvent de nuit. On va faire ça à la rage...

 

 

* Quand je dis "j'ai connu": jamais en tant que client, hein. Si vous voulez le fond de ma vraie pensée en vrai -et je précise une fois de plus que c'est pas le cas général dans ce blog-, je trouve d'instinct la chose répugnante.

 

 

 

Temps présent

 

 

Si vous croisez dans les rues de Grenoble un grand black en veste brune à l'air pas très content, lui dite pas ou j'habite, surtout si il boite toujours. Il est étonnamment peu dangereux pour un surveillant de rue, même pour un surveillant de rue avec mon pouce dans l’œil; mais je le soupçonne d'avoir plein de copains.

 

Coup de bol, j'étais rasé à ce moment-là. Faire passer pour une agression raciste quelques coups de mon 44 fillette dans les parties les moins recommandables de son anatomie fut un jeu d'enfant; ça embrouille les recherches et évite qu'il passe ses nerfs sur elle. C'est pas de sa faute si les Français sont fachos, pas vrai?


Bon, passons l'instant d'autosatisfaction et soyons clairs: y a pas de quoi se vanter. C'était une prise de risque débile, pour elle comme pour moi, tout ça pour tenter de soulager un peu ma mauvaise conscience; les enfants, ne tentez pas de refaire ça chez vous. J'ai juste... eu besoin de le faire, comme un estomac a besoin de gerber ce qui l'empoisonne.

Quand même, ça défoule. Peut-être que parfois, au lieu de rien faire, il vaut mieux faire n'importe quoi. Ça aide au moins à ne pas laisser au fatalisme le monopole de nos réactions conditionnées.

Et puis, on ne se défait jamais complétement des lois de la rue...


Il faut des années à un sédentaire pour apprendre ce qui devient une évidence en quinze jours sur les trottoirs: ne pas laisser sa conscience ignorer le mendigot devant lequel on passe, qu'il soit tanj', clodo barbu ou punk à chien. Je ne les efface pas de mon regard. Plutôt crever. Si l'on zappe leur existence réelle en tant que gens, la, juste sous notre nez, il n'en reste plus que leur hideux reflet médiatique: la stigmatisation mêlée de bien-pensance bigote que l'on offre en pâture aux braves gens*. Quand on a été l'un d'eux, c'est une idée insupportable.

Les putes, c'est pareil. Regardez le collégien moyen se foutre de leur gueule quand il les croise. Ce n'est pas qu'il est con, bien que ses hormones mal régulées ne lui laissent guère de place pour la gamberge; c'est qu'il a compris le discours qu'on attendait de lui. Une pute, c'est drôle, cul, fesse, haha. Pis c'est un peu méprisable, ça a raté sa vie, ça a pas du bien bosser à l'école. Et ça fait un peu peur, aussi, quand on est puceau. Raison de plus pour en rire.

Voila comment ils apprennent à intégrer une attitude, une certaine idée de la prostitution. Vingt ans plus tard, ils feront des blagues moins grasses, mais souriront un peu en passant les boulevards à viande; ils seront contre l'interdiction de la chose, parce qu'après tout il faut bien qu'elles vivent, ces filles, et hocheront la tête en une vague approbation devant les docus façon polars qui leur parleront des descentes de flics au bois de Boulogne, parce que quand même, il ne faut pas que tout cela échappe au contrôle de l'état, n'est-ce pas. Pas une once de mal-être ne leur titillera l'empathie, pas un instant il ne leur viendra à l'esprit qu'ils devraient crever de honte, de croiser chaque soir des esclaves sexuelles dans la rue sans jamais leur parler, tenter un sourire sincère, leur offrir un café chaud, brûler la villa de leurs maîtres... faire quelque chose, bordel.

En Allemagne, les putes ont des fiches de paie, cotisent pour leur retraite et bossent dans des bâtiments moches, comme n'importe quel autre travailleur précaire. Les jeunes élèves des Gymnasiums ne se foutent pas de leur gueule, ne les croisant d'ailleurs pas en train de se geler le bas résille sur le trottoir; ils les découvriront à l'âge requis, souvent pour fêter leur Abitur, et se montreront très corrects avec la dame s'ils veulent pouvoir remettre les pieds dans l'établissement**. Je dis ça sans vouloir défendre un quelconque modèle de prostitution "acceptable", ce n'est qu'on constat.

Ça fonctionne toujours pareil, l'indignation. Ça nous travaille, ça nous pousse à agir, à se prendre un premier mur; le mur fait réfléchir, parfois suffisamment pour nous donner les moyens de le passer... et tomber sur le mur suivant. Et tôt ou tard, sur une impasse, sur le mur qu'on ne peut pas franchir seul.

C'est alors l'environnement qui peut nous permettre d'avancer. Souvent sous forme d'une rencontre inattendue...


*Il faut saluer l'heureuse exception constituée par la campagne de la fondation Abbé Pierre; leurs images sont d'une justesse remarquable. Ce n'est un verre d'eau buvable dans l'océan de merde publicitaire qui nous entoure; mais bon, plutôt que de ne rien faire...

**Le "gymnase" protestant est l'équivalent Germanique du collège-lycée; on y passe une sorte de bac, l'Abitur, à dix-huit ans. La valeur symbolique de l'évènement est bien plus grande que chez nous, d'où souvent une petite virée initiatique au bordel pour fêter ça, comme dans bien des sociétés trads.

J'en profite pour préciser que je ne savais pas tout ça avant cet article. Ma vision comportementale du Berlinois moyen envers les
Sexarbeiterin, notamment, doit beaucoup au courrier international et à la réécoute d'un vieux La bas si j'y suis. Transmettre, c'est avant tout apprendre soi-même...et inciter chacun à faire ses propres recherches.



Avant-hier


... qui n'aura pas lieu ce soir.

Bordel, je déteste cette expression de "peuple de Gauche", beaucoup trop réaliste à mon gout. C'est bien ça qu'on est, tiens; un peuple. Prononcer "peuhple", comme craché entre les dents serrées d'un aristo libéral retrouvant ses racines idéologiques à la faveur d'un cognac de trop. Traduire: une bande de crétins incultes pataugeant dans des idées trop grandes pour eux.

Je sais pas, moi. Tu passes une chouette soirée, t'es alcoolisé juste ce qu'il faut*, tu discutes Notre-Dame des Landes, municipales et éducation populaire avec deux couples sympas pendant que ta libido prie tous les dieux disponibles qu'ils soient pratiquants de la partouze générale, leur enthousiasme à se ramener chez toi pour l'after semble indiquer que tes prières ont été entendues, et la...

Le premier truc qui les a fait tiquer, c'est l'interdiction de fumer à la maison. T'as beau expliquer que tu vis avec un asthmatique, l'idée qu'on puisse en tenir compte alors qu'il n'est pas la leur échappe complétement; qu'il débarque le lendemain matin dans une odeur rappelant la jungle Vietnamienne après distribution de Napalm ne dérangerait pas ces fiers défenseurs du vivre ensemble et des rapports apaisés entre les hommes.

Je sors les fonds de tiroir du bar. On me demande un coca. Du coca chez nous, mon cher? Fi donc, plutôt mourir, réponds-je à la blague. Silence pesant, genre "précise ta pensée, camarade, le Komintern  est à l'écoute". Ah ouais, d'accord.

Un instant plus tard, mes braves pioupious de l'autogestion sont à deux doigts de démonter mon PC pour y trouver une prise jack (malgré mes explications relativement claires: y en a pas), la qualité du son qui émane de mon antique bécane de récup' écorchant leurs fragiles oreilles. Au passage, ils me démontent moi aussi, sur le thème t'as-un-windows-et-t'utilises-fesse-bouc-alors-tes-reflexions-sur-le-coca-hein-tu-peux-te-les-garder. Une belle amitié de deux heures s'effondre, et commence même à creuser sous le niveau du sol quand j'entends le genre de musique qui méritait selon eux du Bang & Olufsen flambant neuf; le New-age a décidément fait du dégât.

Quand vient finalement la surprise: les deux bonhommes se cassent, non sans avoir lourdement insisté pour ramener avec eux leurs compagnes; je reste seul avec deux sublimes créatures qui m'évoquent diablement les jumelles du pêcheur de Kaamelot, et la, tout change... la parole s'ouvre, les sourires naissent, les confidences se mettent à pleuvoir.

Elles causent de leur boulot, des contradictions entre leur vie professionnelle et leur engagement militant, du statut de femmes libres qu'elles revendiquent sans le ressentir au quotidien; je parle de mes récents désamours, du temps qui passe et me fait plus flipper que je veux bien l'admettre, de la difficulté d'être un homme dans une société qu'ils dominent, quand on veut vivre ses désirs sans être l'oppresseur de qui que ce soit.

On se rend compte, peu à peu, qu'on parle de la même chose. Du combat ordinaire. De nos tentatives d'être nous-mêmes dans un corps social qui décide tant de choses à notre place.

Et l'on constate, sans oser le dire, que leurs couples les bouffent.


C'en est resté la, j'en suis désolé pour les amateurs de scènes cochonnes**; elles sont reparties, et une larme m'est venue. Subitement, j'ai eu très mal à l'humanité.

Partager son intimité avec des inconnus, c'est se rendre compte ensuite combien on est seul, la plupart du temps.

Mais qu'importe; finalement, les belles rencontres existent...



*C'est à dire beaucoup, mais légèrement moins que ton entourage.

**J'en suis surtout désolé pour moi.



Grenoble, dix secondes après le début de l'article


... et cette rencontre, c'est celle d'une des principales intéressées.

C'était pas un "bonsoir" d'accroche, pas une invite commerciale. C'était pas une fardée vulgos aux yeux tristes, mais une jeune Asiatique belle comme le pêché. Ce n'était pas un regard d'esclave, ni de camelot.

C'était une jolie poulette qui s'ennuyait, adossée à son sens interdit, ses formes parfaites moulées dans un jean à l'opposé du dress-code de sa profession. Et qui voulait papoter.

Une des plus chouettes conversations de ces derniers mois, qui n'en ont pourtant pas manqué. Je n'en tirerai pas les bonnes feuilles; elle m'en voudrait*. Je citerai simplement sa phrase d'adieu: "Je coucherais bien avec toi, mais ça me rappellerait le boulot**". Tout est dit.

Il est possible d'avoir davantage de liberté de parole avec une prostituée qu'avec une libertaire en couple dont le mec se trouve dans la même pièce. Qu'en déduire? Que certaines putes sont plus émancipées qu'une fille qui croit à l'exclusivité sexuelle? Que les règles de la conversation entre humains m'échapperont toujours? Que "libertaire", ça veut pas dire grand chose quand on accepte l'idée que son corps appartient à quelqu'un d'autre?

Sans doute tout ça à la fois.


Je voulais parler de ça, depuis un bail. Je voulais dire que les putes en chient assez comme ça sans en plus endurer le mépris du bon peuple. Je voulais dire que tant qu'à mépriser quelqu'un, il serait plus juste de viser ceux qui filent du pognon aux proxos d'Afia. Pas parce que la prostitution c'est mal; ça l'est peut-être, je n'en sais rien, le bien et le mal c'est pas mon truc. Mais parce qu'ils acceptent que leurs frustrations soient monnayables, et qu'Afia en est morte.

Je voulais dire que la prostitution est un consumérisme comme un autre. Refusez le consumérisme en général, et jamais vous n'irez aux putes; l'idée d'un corps qu'on achète et qu'on vend vous sera étrangère. Tant qu'on éduquera les gens à voir la vie à travers les yeux du capital, il y aura des clients sur les boulevards à viande. La solution, comme pour tout problème de société, est politique.

J'aimerais bien virer le mot "putain" de mon vocabulaire premier degré, même si certains mots ont la vie dure. J'aimerais bien que les gens réécoutent Brassens, qui, en ce domaine comme en bien d'autres, avait tout compris.

Fils de pécore et de minus, ris pas de la pauvre Vénus/
Il s'en fallait de peu, mon cher, que cette putain ne fut ta mère...

Il n'y a finalement pas grand-chose d'autre à dire, pas vrai?


Libertairement votre.


Léo


*J'exprime parfois -bon d'accord, souvent- des impressions et ressentis plus ou moins justes, plus ou moins réalistes, ou certains lecteurs -bon d'accord, surtout certaines lectrices- se reconnaissent en filigrane car je m'inspire de moments de vie auxquels elles ont pris part. Elles ne le prennent pas toujours bien; c'est leur problème. Mais qu'elles sachent que je ne parle pas d'elles. Je parle de moi, d'une vision du monde qui m'est propre, et de rien d'autre -bon d'accord, de presque rien d'autre. Ceux qui savent me lire l'ont bien compris; tant pis pour les autres.

**Authentique.

Publié dans Errances

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